Oui, il est possible de toucher 100 % de votre salaire en arrêt maladie. Pour y parvenir, vous devez combiner plusieurs dispositifs : les indemnités journalières de la Sécurité sociale (IJSS), le complément de salaire de votre employeur, les avantages prévus par votre convention collective, et votre éventuel contrat de prévoyance. Chacun de ces leviers joue un rôle précis dans la compensation de votre perte de revenus.
Ce guide vous explique comment vérifier vos droits, calculer vos indemnités et agir rapidement pour sécuriser vos revenus pendant votre absence.
💰 L’essentiel à retenir
4 dispositifs à cumuler = maintien à 100 % possible
⚠️ Transmettez votre arrêt sous 48h à l’employeur et la CPAM
| Dispositif | Qui verse ? | Montant | Conditions |
|---|---|---|---|
| IJSS | CPAM | 50 % du salaire (max 41,95 €/jour) | 150h travaillées sur 3 mois |
| Complément employeur | Employeur | 90 % puis 66,66 % selon ancienneté | 1 an d’ancienneté minimum |
| Convention collective | Employeur | Variable (jusqu’à 100 %) | Selon accord applicable |
| Prévoyance | Assureur | 80 à 100 % du net | Contrat souscrit |
Arrêt maladie et rémunération : ce que prévoit la loi en 2026
Dès le premier jour d’absence pour raison de santé, un système légal d’indemnisation se met en place. La Sécurité sociale verse une base minimale, tandis que l’employeur ajoute un complément selon certaines conditions, comme ici par exemple, où la législation fixe des règles précises pour garantir une protection financière au salarié. Ce dispositif ne couvre pas toujours la totalité de votre rémunération habituelle, mais il constitue le socle sur lequel viennent se greffer les autres mécanismes de compensation.
Le délai de carence de 3 jours
Les trois premières journées d’absence ne donnent droit à aucune indemnisation de la part de la CPAM. Ce délai de carence représente une perte sèche de revenus. Si vous gagnez 2 000 € bruts par mois, vous perdez environ 200 € nets sur cette période.
Trois situations annulent ce délai de carence :
- Une reconnaissance en affection longue durée (ALD) par le médecin-conseil
- Un accident du travail ou une maladie professionnelle déclarée
- Une reprise d’activité inférieure à 48 heures entre deux arrêts successifs
Votre convention collective peut compenser ces trois jours perdus. Certains accords sectoriels prévoient un versement dès le premier jour d’absence, ce qui élimine cette perte initiale.
Les conditions d’éligibilité aux indemnités journalières de la Sécurité sociale
Pour bénéficier des IJSS, vous devez justifier d’un minimum d’activité ou de cotisations. Ces seuils varient selon la durée prévisible de votre arrêt.
Durant les six premiers mois, il faut avoir travaillé au moins 150 heures sur les trois derniers mois, ou avoir cotisé sur une rémunération équivalente à 1 015 fois le SMIC horaire sur les six derniers mois (environ 12 178 € bruts).
Au-delà de six mois d’absence, les exigences augmentent. Vous devez totaliser 600 heures de travail sur 12 mois ou des cotisations sur 2 030 fois le SMIC horaire (environ 24 356 € bruts sur un an). Les périodes de congés payés, de congé maternité ou d’arrêts précédents comptent comme du travail effectif, à raison de 6 heures par jour indemnisé.
Vous devez transmettre votre arrêt sous 48 heures : un volet à l’employeur, un volet à la CPAM. Ce délai strict conditionne le versement de vos droits.
Indemnités journalières (IJSS) : combien verse réellement l’Assurance maladie ?
Les indemnités journalières représentent la première source de revenus durant votre absence. Elles correspondent à 50 % de votre salaire journalier de base, mais subissent un plafonnement strict. Comprendre leur calcul vous permet d’anticiper le montant réel que vous allez percevoir.
Mode de calcul des IJSS et plafond en vigueur
Votre salaire journalier de base se calcule en additionnant vos trois derniers salaires bruts et en divisant cette somme par 91,25. Les IJSS représentent 50 % de ce montant.
Entrent dans le calcul : le salaire de base, les heures supplémentaires habituelles, les primes mensuelles récurrentes, le 13ᵉ mois réparti sur l’année. Sont exclus : les primes exceptionnelles, les frais professionnels, la participation et l’intéressement.
Le plafond 2026 limite les IJSS à 41,95 € bruts par jour. Cette réforme, appliquée depuis avril 2025, a ramené le plafond de calcul à 1,4 fois le SMIC mensuel (2 552,25 € bruts), contre 1,8 fois auparavant. Pour les salaires dépassant ce seuil, l’employeur doit compenser davantage.
Pour un salaire brut de 2 000 € :
- Total sur 3 mois : 6 000 €
- Salaire journalier : 6 000 ÷ 91,25 = 65,75 €
- IJSS : 65,75 × 50 % = 32,87 € par jour
- Montant mensuel : 986 €
Pour un salaire brut de 3 500 € :
- Plafond applicable : 2 552,25 × 3 = 7 656,75 €
- Salaire journalier plafonné : 7 656,75 ÷ 91,25 = 83,90 €
- IJSS : 41,95 € (plafond atteint)
- Montant mensuel : 1 258,50 €
Durée maximale de versement selon votre situation
Pour une maladie ordinaire, la CPAM verse les IJSS pendant 360 jours sur trois ans consécutifs pour une même pathologie. Passé ce délai, le versement s’arrête, sauf reclassement en invalidité.
Si vous êtes reconnu en affection longue durée (ALD), cette durée s’étend à trois ans d’indemnisation continue. La CPAM verse les indemnités tous les 14 jours, y compris les week-ends et jours fériés.
Le complément employeur : votre second levier pour atteindre 100 %
L’employeur est tenu par le Code du travail de compléter les IJSS pour maintenir une partie de votre rémunération. Ce maintien de salaire intervient après un délai de carence de sept jours et dépend de votre ancienneté dans l’entreprise.
Les obligations légales de maintien de salaire selon l’ancienneté
Le Code du travail impose un complément de salaire si vous justifiez d’un an d’ancienneté minimum. L’employeur attend le 8ᵉ jour d’arrêt pour commencer à verser ce complément.
Le barème légal prévoit deux phases : un maintien à 90 % de votre salaire brut, suivi d’un maintien à 66,66 %. La durée de chaque phase augmente avec votre ancienneté.
| Ancienneté | 90 % pendant | 66,66 % pendant |
|---|---|---|
| 1 à 5 ans | 30 jours | 30 jours |
| 6 à 10 ans | 40 jours | 40 jours |
| 11 à 15 ans | 50 jours | 50 jours |
| 16 à 20 ans | 60 jours | 60 jours |
| 21 à 25 ans | 70 jours | 70 jours |
| 26 à 30 ans | 80 jours | 80 jours |
| 30 ans et plus | 90 jours | 90 jours |
Avec cinq ans d’ancienneté et un arrêt de 45 jours, vous percevez 90 % de votre salaire pendant 30 jours, puis 66,66 % pendant les 15 jours restants.
Le mécanisme de la subrogation
La subrogation simplifie vos démarches administratives. Votre employeur vous verse directement votre salaire complet (ou quasi complet), puis récupère les IJSS auprès de la CPAM. Vous n’avez aucune avance à faire et vous recevez un seul versement mensuel.
L’employeur transmet une attestation de salaire à la CPAM dès réception de votre arrêt. Le complément apparaît sur votre bulletin de paie dès la première échéance suivant le 7ᵉ jour d’arrêt, avec une répartition claire entre IJSS et complément employeur.
Convention collective et accords d’entreprise : la clé souvent méconnue du maintien intégral
Votre convention collective peut prévoir des règles bien plus favorables que la loi. Le principe de faveur oblige l’employeur à appliquer les dispositions les plus avantageuses pour le salarié. Certaines conventions garantissent un maintien à 100 % dès le premier jour, sans délai de carence, et pour des durées prolongées.
Pour identifier votre convention, consultez votre contrat de travail, votre fiche de paie (code NAF ou nom de la convention), ou l’intranet RH de votre entreprise. Vous pouvez aussi rechercher sur service-public.fr ou Légifrance en saisissant votre secteur d’activité.
Dans la métallurgie, les banques ou la chimie, de nombreuses conventions prévoient des garanties renforcées. La convention collective du secteur bancaire, par exemple, prévoit un maintien à 100 % pendant 90 jours sans délai de carence pour les salariés justifiant d’une certaine ancienneté.
Consultez le chapitre « Maladie », « Prévoyance » ou « Indemnisation ». En cas de doute, contactez votre service RH ou un représentant du personnel. Cette vérification peut vous faire gagner plusieurs centaines d’euros chaque mois.
Prévoyance collective obligatoire vs contrat individuel : que choisir ?
Ne confondez pas mutuelle et prévoyance. La mutuelle couvre vos frais de santé (consultations, médicaments). La prévoyance protège vos revenus en cas d’incapacité de travail grâce à une garantie incapacité.
La prévoyance collective est souscrite par votre employeur. Elle est obligatoire pour les cadres et souvent étendue aux non-cadres. Les cotisations sont partagées. Elle couvre généralement 80 à 100 % de votre salaire net, souvent après un délai de franchise de 90 jours.
La prévoyance individuelle est un contrat que vous souscrivez personnellement. Vous payez l’intégralité des cotisations, mais vous choisissez librement vos garanties et vos taux de couverture.
Pour vérifier si vous bénéficiez d’une prévoyance collective, consultez votre fiche de paie (ligne « prévoyance » ou « cotisation incapacité »), votre contrat de travail, ou la notice d’information remise à l’embauche. Si vous n’en avez pas, une prévoyance individuelle peut compléter les IJSS et le maintien employeur.
Pour déclencher vos droits, déclarez votre arrêt auprès de l’organisme de prévoyance avec un justificatif. La plupart des contrats prévoient un délai de franchise de 90 jours : la prévoyance prend le relais après trois mois, période durant laquelle les IJSS et le complément employeur assurent votre rémunération.
Arrêt maladie longue durée : comment maintenir ses revenus au-delà de 6 mois
Au-delà de six mois d’absence, les conditions d’indemnisation se durcissent. Vous devez justifier de 600 heures travaillées sur 12 mois ou de cotisations sur 2 030 fois le SMIC. Les IJSS ne sont versées que pendant 360 jours sur trois ans, ce qui peut poser problème en cas d’absence prolongée.
Le passage en affection longue durée (ALD) et ses implications
Si vous souffrez d’une pathologie grave et durable, demandez une reconnaissance en affection longue durée. Cette reconnaissance, validée par le médecin-conseil de la CPAM, prolonge vos IJSS à trois ans au lieu d’un an. Elle supprime également le délai de carence sur les arrêts successifs liés à votre ALD.
La liste des ALD comprend le cancer, le diabète, l’insuffisance cardiaque, les maladies psychiatriques graves, entre autres. Votre médecin traitant initie la demande via un formulaire Cerfa appelé « protocole de soins ».
La pension d’invalidité comme filet de sécurité
Si votre capacité de travail est réduite de deux tiers, la CPAM peut vous proposer une pension d’invalidité. Trois catégories existent : 30 % du salaire moyen (catégorie 1), 50 % (catégorie 2), ou 50 % avec majoration pour tierce personne (catégorie 3).
Cette pension se cumule avec votre prévoyance et, selon votre convention collective, avec un complément employeur. Ce cumul peut vous permettre de maintenir un revenu proche de 100 % malgré une absence prolongée.


