Lorsqu’un candidat indique « anglais courant » ou « bilingue » sur son CV, il est souvent difficile de savoir ce que cela signifie réellement. Les recruteurs doivent donc trouver des moyens fiables pour vérifier cette information avant d’aller plus loin dans le processus de recrutement. Certaines entreprises choisissent d’utiliser directement un test structuré comme ELAO, tandis que d’autres combinent plusieurs approches afin d’obtenir une vision plus précise du niveau réel du candidat. L’objectif reste toujours le même : distinguer une auto-évaluation approximative d’une compétence réellement utilisable en contexte professionnel.
Pourquoi le niveau d’anglais sur un CV peut être trompeur
Le niveau de langue indiqué sur un CV repose très souvent sur une auto-évaluation. Or, la perception d’un niveau linguistique varie fortement d’une personne à l’autre. Un candidat peut considérer qu’il possède un niveau « professionnel » parce qu’il comprend des emails simples, alors que le poste exige en réalité la capacité à mener une réunion, négocier ou présenter un projet en anglais.
Un autre point complique l’analyse : la maîtrise écrite et la maîtrise orale ne sont pas toujours alignées. Certains candidats écrivent correctement mais manquent de fluidité à l’oral. À l’inverse, d’autres comprennent très bien l’anglais parlé mais rencontrent des difficultés à rédiger des messages professionnels.
Pour cette raison, les recruteurs s’appuient généralement sur plusieurs approches complémentaires afin d’obtenir une évaluation plus fiable.
Les principales méthodes utilisées par les recruteurs
Dans la pratique, plusieurs techniques permettent d’obtenir une estimation plus réaliste du niveau d’anglais d’un candidat.
- poser quelques questions simples en anglais dès le premier échange
- demander une mise en situation liée au poste
- analyser les expériences internationales du candidat
- proposer un court exercice écrit
- utiliser un test de langue standardisé
Chaque méthode apporte un éclairage différent. Certaines permettent d’évaluer la spontanéité à l’oral, d’autres mesurent davantage la précision grammaticale ou l’aisance dans un contexte professionnel.
Poser quelques questions en anglais lors du premier échange
Une conversation rapide en anglais permet d’obtenir un premier indicateur du niveau du candidat. Le recruteur peut simplement demander au candidat de se présenter, de décrire son expérience ou d’expliquer son rôle dans un projet précédent.
Cette approche présente l’avantage d’être rapide et facile à mettre en place. Elle permet de vérifier immédiatement la compréhension orale et la capacité à formuler une réponse spontanée.
Cependant, cette méthode reste partielle. Un échange court ne permet pas de mesurer précisément la richesse du vocabulaire ni la capacité à gérer des situations professionnelles complexes.
Demander une mise en situation professionnelle
Lorsque l’anglais fait partie du travail quotidien, une mise en situation constitue souvent un excellent révélateur du niveau réel du candidat. Le recruteur peut par exemple demander au candidat de présenter un produit, de répondre à une demande client ou de résumer une réunion fictive.
Cette approche permet d’observer plusieurs éléments importants : la structure du discours, l’utilisation du vocabulaire métier et la capacité à communiquer clairement dans un contexte professionnel.
La limite principale reste le temps nécessaire pour préparer et évaluer cet exercice, surtout lorsqu’un grand nombre de candidats est impliqué.
Vérifier les expériences internationales du candidat
Le parcours du candidat peut également fournir des indices intéressants. Une expérience professionnelle à l’étranger, des études dans un environnement anglophone ou une collaboration régulière avec des équipes internationales peuvent indiquer une pratique réelle de la langue.
Toutefois, ces éléments ne garantissent pas toujours le niveau actuel. Une expérience ancienne ou un contexte spécifique ne permet pas forcément d’évaluer la capacité actuelle à utiliser l’anglais dans un environnement professionnel.
Il s’agit donc d’un indicateur utile, mais rarement suffisant à lui seul.
Tester les compétences écrites
Dans de nombreux métiers, l’anglais est utilisé principalement à l’écrit. Demander au candidat de rédiger un email professionnel, de reformuler un message ou de résumer un document permet d’évaluer la précision grammaticale, la clarté du message et la capacité à adopter un ton adapté.
Ce type d’exercice permet de détecter rapidement certaines lacunes, notamment dans la construction des phrases ou dans l’utilisation du vocabulaire professionnel.
Cependant, cette méthode ne permet pas d’évaluer l’aisance à l’oral. Elle doit donc être complétée si la communication verbale en anglais fait partie des missions du poste.
Utiliser un test de langue standardisé
De plus en plus d’entreprises utilisent des tests de langue standardisés afin d’obtenir une évaluation homogène et comparable entre plusieurs candidats. Ce type d’outil permet de mesurer différents aspects de la compétence linguistique, comme la compréhension, le vocabulaire ou la grammaire.
L’avantage principal réside dans la standardisation de l’évaluation. Tous les candidats passent le même test, ce qui facilite la comparaison des résultats et réduit la subjectivité dans la prise de décision.
Comparaison des méthodes d’évaluation
| Méthode | Ce qu’elle permet d’évaluer | Limites |
| Questions rapides en anglais | Compréhension et fluidité orale | Évaluation subjective |
| Mise en situation professionnelle | Utilisation réelle dans un contexte métier | Mise en place plus longue |
| Analyse du parcours | Expérience pratique de la langue | Niveau actuel difficile à estimer |
| Exercice écrit | Grammaire et clarté rédactionnelle | N’évalue pas l’oral |
| Test standardisé | Résultat objectif et comparable | Doit être complété par un entretien |
Comment choisir la bonne méthode
Aucune méthode ne permet à elle seule d’évaluer parfaitement le niveau d’anglais d’un candidat. Chaque approche met en lumière un aspect différent de la compétence linguistique.
Dans la pratique, les recruteurs obtiennent souvent les résultats les plus fiables en combinant plusieurs techniques. Un échange oral rapide peut servir de premier filtre, tandis qu’un exercice écrit ou un test structuré permet ensuite d’affiner l’évaluation.
Cette combinaison permet de sécuriser le processus de recrutement tout en évitant de se fier uniquement aux mentions indiquées sur un CV.


