Pour calculer vos heures supplémentaires, vous avez besoin de deux éléments : votre taux horaire brut et le nombre d’heures travaillées au-delà de 35h dans la semaine. Les heures de la 36e à la 43e heure sont majorées à 25%, celles à partir de la 44e heure à 50%. La formule de base : taux horaire × 1,25 (ou 1,50) × nombre d’heures concernées.
Voici les deux paliers légaux en un coup d’œil :
| Heures travaillées dans la semaine | Heures supplémentaires concernées | Taux de majoration |
|---|---|---|
| De la 36e à la 43e heure | 8 premières heures supplémentaires | +25% |
| À partir de la 44e heure | Au-delà de 8h supplémentaires | +50% |
⏱️ L’essentiel à retenir
Heures sup = taux horaire × 1,25 ou 1,50 × nombre d’heures
📐 Deux paliers légaux
36e à 43e heure à 25%, à partir de la 44e heure à 50%.
💶 L’assiette de calcul compte
Certaines primes (équipe, dimanche, insalubrité) entrent dans le taux horaire, d’autres non.
🧾 Avantage fiscal en 2025
Les heures supplémentaires payées sont exonérées d’impôt jusqu’à 7 500 € par an.
⚠️ Vérifiez votre convention collective : elle peut prévoir des taux différents des taux légaux.
Ce qui déclenche une heure supplémentaire
Une heure supplémentaire est toute heure de travail effectif réalisée au-delà de la durée légale de 35 heures par semaine, selon l’article L3121-28 du Code du travail. Le décompte s’effectue sur la semaine civile, du lundi 0h00 au dimanche 24h00. Pas sur le mois, pas sur le contrat.
Tous les salariés du secteur privé en CDI ou CDD à temps plein sont concernés, y compris ceux dont le contrat prévoit 39h par semaine. Certains profils sont exclus du dispositif :
- Les cadres dirigeants, qui organisent librement leur temps de travail
- Les salariés en forfait annuel en jours, dont le temps est décompté en jours et non en heures
Les salariés à temps partiel relèvent d’un régime distinct. Les heures effectuées entre leur durée contractuelle et 35h sont des heures complémentaires, majorées à 10% puis à 25% selon les seuils. Ce n’est qu’au-delà de 35h qu’on bascule sur les règles des heures supplémentaires.
Quelles heures sont à 25% et lesquelles sont à 50% ?
L’article L3121-36 du Code du travail fixe deux paliers clairs. Les 8 premières heures supplémentaires de la semaine, de la 36e à la 43e heure incluse, sont majorées à 25%. À partir de la 44e heure, la majoration passe à 50%. Chaque semaine civile repart à zéro : il n’y a aucun report d’une semaine sur l’autre.
Ces taux légaux s’appliquent en l’absence d’accord collectif. Une convention collective ou un accord d’entreprise peut prévoir des taux différents, avec un plancher légal de 10% minimum. La hiérarchie à retenir :
- L’accord d’entreprise s’applique en priorité
- À défaut, la convention collective de branche prend le relais
- En l’absence de tout accord, les taux légaux de 25% et 50% s’appliquent
Si vous ignorez quelle convention collective s’applique à votre entreprise, l’information figure sur votre bulletin de paie, généralement dans l’en-tête.
Comment calculer ses heures supplémentaires en 3 étapes
Voici la méthode complète, illustrée avec un exemple fil rouge : un salarié rémunéré 1 800 € brut par mois, dont on calcule les heures supplémentaires sur deux semaines différentes (42h et 46h) pour couvrir les deux paliers.
Trouver son taux horaire brut
La formule : salaire mensuel brut ÷ 151,67. Ce diviseur correspond au nombre moyen d’heures mensuelles pour un temps plein à 35h (35 × 52 ÷ 12). Pour notre exemple : 1 800 € ÷ 151,67 = 11,86 €/heure.
Ce taux ne se limite pas au salaire fixe. Certaines primes viennent l’augmenter et modifient le montant final des heures supplémentaires, comme on le verra dans la section suivante.
Compter et classer ses heures supplémentaires
Soustrayez 35h du total d’heures travaillées dans la semaine. Classez ensuite le résultat selon les paliers :
- 43h ou moins travaillées : toutes les heures supplémentaires sont à 25%
- Plus de 43h travaillées : les 8 premières heures supplémentaires à 25%, le reste à 50%
Sur une semaine à 42h : 42 − 35 = 7 heures supplémentaires, toutes soumises au taux de 25%.
Appliquer la majoration et obtenir le montant final
Deux formules suffisent :
- À 25% : taux horaire × 1,25 × nombre d’heures concernées
- À 50% : taux horaire × 1,50 × nombre d’heures concernées
Exemple 1, semaine à 42h (7h à 25%) : 11,86 € × 1,25 × 7 = 103,78 €.
Exemple 2, semaine à 46h (8h à 25% et 3h à 50%) :
- 8h à 25% : 11,86 € × 1,25 × 8 = 118,60 €
- 3h à 50% : 11,86 € × 1,50 × 3 = 53,37 €
- Total : 171,97 €
La formule complète : (taux horaire × 1,25 × heures de la 36e à la 43e) + (taux horaire × 1,50 × heures à partir de la 44e).
Quelles primes entrent dans la base de calcul
Le taux horaire brut servant au calcul de la majoration ne repose pas uniquement sur le salaire fixe. Certains éléments de rémunération s’y ajoutent et augmentent mécaniquement le montant final de vos heures supplémentaires.
Les éléments inclus dans l’assiette :
- Le salaire de base
- Les avantages en nature : repas, logement, véhicule de fonction
- Les primes liées aux conditions de travail : insalubrité, danger, froid, équipe, travail dominical ou jour férié
- La prime d’assiduité versée de façon régulière
Les éléments exclus de l’assiette :
- Prime de 13e mois et prime d’ancienneté
- Intéressement et participation
- Frais professionnels remboursés
- Primes ponctuelles sans caractère de régularité
La règle pratique : une prime intègre l’assiette si elle est versée régulièrement en contrepartie directe du travail. Exemple concret : un salarié percevant 300 € de prime dominicale mensuelle voit son assiette passer de 1 800 € à 2 100 €, soit un taux horaire de 13,84 € au lieu de 11,86 €. L’écart sur le montant des heures supplémentaires peut rapidement devenir substantiel.
Ce qui change selon votre situation
Les règles de base s’appliquent dans la grande majorité des cas. Deux configurations méritent toutefois une attention particulière, car elles modifient le calcul ou les droits associés.
Salariés dont le contrat prévoit 39 heures
Les 4 heures situées entre 35h et 39h constituent des heures supplémentaires structurelles. Elles sont majorées à 25% chaque semaine, de façon automatique. En mensuel, cela représente environ 17,33 heures supplémentaires (4h × 52 ÷ 12), qui s’imputent sur le contingent annuel de 220 heures.
Si un accord collectif le prévoit, ces 4h hebdomadaires peuvent être compensées par des jours de RTT plutôt que payées, ce qui équivaut à environ 20 jours de repos par an.
Travail de nuit, le dimanche ou un jour férié
Ces situations ouvrent droit à des majorations spécifiques dont les taux dépendent de votre convention collective. Dans la restauration ou l’hôtellerie, ces taux sont généralement inférieurs à ceux pratiqués dans d’autres secteurs.
Ces majorations ne se cumulent pas automatiquement avec celles des heures supplémentaires. Votre convention collective précise les règles de cumul. Par ailleurs, si vous franchissez le seuil des 220 heures supplémentaires annuelles, une contrepartie obligatoire en repos s’ajoute au paiement : 50% du temps dépassé pour les entreprises de moins de 20 salariés, 100% pour celles de 20 salariés et plus.
Paiement ou repos compensateur, comment trancher
Lorsqu’un accord collectif le prévoit, votre employeur peut substituer au paiement des heures supplémentaires un repos compensateur de remplacement. Les équivalences : 1 heure à 25% donne droit à 1h15 de repos, 1 heure à 50% à 1h30. Ce repos doit être pris dans les 12 mois suivant son acquisition. Il ne faut pas le confondre avec les RTT, qui compensent des heures prévues au contrat.
Pour arbitrer, deux paramètres comptent. Le paiement permet de profiter de l’exonération fiscale sur les heures supplémentaires, plafonnée à 7 500 € par an en 2025, ainsi que d’une réduction de cotisations salariales de 11,31%. Le repos, lui, offre du temps récupéré sans perte financière brute immédiate.
En cas de non-paiement avéré, la marche à suivre est la suivante : signaler l’écart par écrit au service RH, saisir l’inspection du travail en l’absence de réponse satisfaisante, puis les prud’hommes si le litige persiste. Le délai de prescription pour réclamer des salaires impayés est de 3 ans.


